Ouagadougou — Le Salon international du textile africain (SITA) a officiellement lancé ses soirées podium avec une première édition consacrée au styliste Artex Industrie, sous le parrainage de la camarade Reine Marie Lougué. Une initiative qui ambitionne de créer, tout au long de l’année, des espaces de visibilité pour les créateurs burkinabè et de renforcer la dynamique du « consommer local ».
Prenant la parole à cette occasion, la marraine de cette première soirée a salué la qualité et la créativité des collections présentées. « Je suis agréablement surprise. Je ne m’attendais pas à autant de créativité. De belles tenues ont été présentées et cela a véritablement sublimé la mode. Je suis vraiment fière d’eux. Bravo à tous les créateurs », s’est-elle réjouie. Pour elle, ces rendez-vous constituent une véritable opportunité pour les professionnels de la mode de présenter leur savoir-faire et de conquérir davantage le public burkinabè.

Selon le Commissaire général du SITA, le camarade Mossé Abdoulaye, cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une expérience entamée depuis 2008. Le SITA compte déjà neuf éditions, dont cinq organisées au Burkina Faso et quatre à l’international, notamment à Malabo, Lomé et Conakry. « Avant d’aller à l’international, nous devons voir ce que nous pouvons faire pour les Burkinabè », a-t-il expliqué. Dans un contexte national marqué par les difficultés économiques liées à la crise sécuritaire, le responsable estime que chaque acteur doit apporter sa contribution, dans son domaine, à la dynamisation de l’économie nationale.

Cette démarche doit notamment permettre aux stylistes de disposer de davantage d’occasions pour travailler, exposer leurs créations et développer leurs activités. « On ne peut pas consommer local sans miser sur la qualité ». Pour le Commissaire général, la promotion du « consommer local » doit impérativement s’accompagner d’une exigence accrue en matière de qualité. « On ne peut pas demander aux gens de consommer local si les produits ne sont pas de bonne qualité », a-t-il insisté. Il appelle donc les stylistes à rechercher davantage la perfection dans leurs créations et leur finition. L’objectif est de faire en sorte que les productions locales puissent répondre aux exigences des consommateurs et rivaliser avec les produits importés.

« Nous avons des génies designers au Burkina Faso dans les différents métiers », a-t-il rappelé, estimant que le pays dispose de talents capables de produire des vêtements de grande qualité. Pour donner davantage de visibilité aux créateurs, le SITA prévoit d’organiser régulièrement ces soirées podium. « Il nous reste quinze samedis pour faire ces soirées », a annoncé le Commissaire général. Le principe consiste à offrir chaque fois une véritable tribune à un styliste, afin qu’il puisse présenter ses collections devant des invités, des professionnels et surtout des acheteurs. Le dispositif vise également à donner une chance aux mannequins, qu’ils soient débutants ou expérimentés, de multiplier les expériences et de renforcer leur parcours professionnel. La participation est gratuite, mais se fait sur inscription. Les organisateurs souhaitent notamment accueillir un nombre limité d’acheteurs et de participants afin de garantir des rencontres de qualité. Pour cette première édition, c’est Artex Industrie qui a eu l’honneur d’ouvrir la série des podiums SITA. Le créateur a présenté ses collections dans une soirée qui a permis au public de découvrir son univers, son savoir-faire et sa vision de la mode. Pour les organisateurs, le défi est désormais de reproduire cette dynamique chaque samedi, en permettant à d’autres stylistes de venir présenter leurs créations et de rencontrer directement leur public.

L’initiative nationale ne fait pas oublier l’ambition internationale du SITA. Après ses différentes éditions à l’étranger, l’organisation prépare une édition spéciale à Montréal, au Canada, en juillet 2027. Mais avant cette nouvelle étape internationale, le SITA entend consolider son action au Burkina Faso. À travers les soirées podium, l’organisation veut ainsi contribuer à faire de la mode et du textile des leviers de création d’emplois, de développement économique, de valorisation culturelle et de rayonnement du savoir-faire burkinabè. Pour la coordinatrice générale des podiums du SITA, la camarade Thiam/Kpoda Ghicilaine, cette première soirée marque donc le début d’une nouvelle dynamique destinée à rapprocher les stylistes, les mannequins, les acheteurs et le grand public. Avec Artex Industrie comme premier créateur à relever le défi, le SITA entend désormais transformer chaque samedi en rendez-vous de la créativité et de la promotion du textile burkinabè.
Da Sié
Webactu Burkina
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