À l’occasion de l’Exposition gouvernementale, les ministres en charge de l’Éducation ont présenté, ce mercredi 7 octobre 2026 à Ouagadougou, les principales réformes engagées pour transformer le système éducatif burkinabè et mieux l’adapter aux besoins du pays.
Le Camarade ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, Pr Moumouni Zoungrana, et le Camarade ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, ont coanimé une séance de l’activité « Dialogue avec le Peuple », au Pavillon Soleil Levant du SIAO. Cette rencontre, organisée dans le cadre de la deuxième phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), a permis aux deux ministres de présenter les réformes en cours et de répondre aux préoccupations des citoyens.
De nouvelles orientations pour l’enseignement de base

Jacques Sosthène Dingara a mis en avant plusieurs actions visant à améliorer l’accès à l’éducation, la qualité des apprentissages et la gouvernance scolaire. Elles portent notamment sur le développement du préscolaire, le recrutement d’éducateurs et la construction de nouvelles infrastructures scolaires, dont des bâtiments de type R+3. Les programmes scolaires connaissent également des évolutions avec l’intégration progressive de l’anglais à partir du CE1, le renforcement de l’éducation civique et morale et la promotion des langues nationales. L’éducation bilingue et le « Mois artistique et culturel » sont également présentés comme des instruments destinés à renforcer l’ancrage culturel des apprenants. Le ministre a par ailleurs insisté sur l’éducation non formelle, les activités productives et les jardins scolaires, destinés à développer les compétences pratiques des enfants et à contribuer à la souveraineté alimentaire. Sur le plan des résultats, il a relevé une progression significative du taux de réussite au CEP, passé de 60 % en 2021-2022 à 95,23 % l’année dernière.
Cap sur l’enseignement technique et professionnel

Pr Moumouni Zoungrana a, pour sa part, présenté les réformes visant à rapprocher davantage la formation des besoins de l’économie nationale. L’ambition affichée est de faire progressivement passer la proportion des jeunes issus des filières techniques et professionnelles à 60 % à l’horizon 2050, contre environ 5 % actuellement. La réforme mise notamment sur le renforcement des enseignements scientifiques, la création de lycées spécialisés et une meilleure adaptation des formations aux potentialités des différentes régions du Burkina Faso. Le ministre a également évoqué le programme de reconversion des diplômés de l’enseignement supérieur, qui doit permettre à ces derniers d’acquérir des compétences pratiques dans des secteurs tels que l’agriculture, l’élevage, la maintenance ou encore la communication. Un répertoire national des métiers, structuré autour de 15 axes et recensant environ 2 250 métiers, doit également contribuer à mieux identifier les compétences recherchées et à orienter les parcours de formation.
Frais de scolarité, conseils d’école et orientation au cœur des échanges

Les échanges avec les citoyens ont porté notamment sur la réglementation des frais de scolarité, l’orientation professionnelle, la place du secteur privé et le fonctionnement des conseils d’école. Les deux ministres ont expliqué que la réglementation des frais de scolarité vise à encadrer les montants pratiqués et à limiter les variations imprévisibles. Cette première expérience fera l’objet d’un suivi et d’une évaluation. Concernant les conseils d’école, ils ont rappelé que leur mission ne se limite pas à la collecte de cotisations. Ils doivent constituer un véritable cadre de participation de la communauté à la gestion et au fonctionnement des établissements. Sur l’orientation, Jacques Sosthène Dingara a insisté sur la nécessité de garantir aux enfants un socle de connaissances avant leur accès à certaines formations. Pr Moumouni Zoungrana a, lui, souligné que la réussite éducative doit aussi se mesurer à la capacité des jeunes à exercer un métier et à contribuer au développement de leur communauté et de leur pays.

Reconnaissant le rôle du secteur privé dans la formation, le ministre a toutefois insisté sur l’exigence de qualité pour l’ensemble des établissements. « Nous sommes là pour vous servir », a-t-il déclaré, invitant les citoyens à formuler des propositions pour améliorer les dispositifs éducatifs. Au terme des échanges, les deux ministres ont appelé à une mobilisation accrue des parents, enseignants et acteurs de l’éducation afin d’accompagner les réformes et de faire de l’école un véritable levier de développement, de patriotisme et de souveraineté nationale.
DCRP/Primature
Webactu Burkina
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