WebactuBurkina

menu
Accueil / Actualités / Burkina Faso / École de Guerre : le Burkina Faso veut renforcer sa pensée stratégique militaire

École de Guerre : le Burkina Faso veut renforcer sa pensée stratégique militaire

18-09-2026  DA Constantin  59 vues
École de Guerre : le Burkina Faso veut renforcer sa pensée stratégique militaire

Ouagadougou, 18 septembre 2026. Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la formation de ses cadres militaires supérieurs. La première session de l’École de Guerre de l’Institut de l’Enseignement Militaire Supérieur (IEMS) Tiéfo Amoro a été officiellement ouverte ce vendredi 18 septembre 2026 à Ouagadougou. La cérémonie, présidée par le Premier ministre, chef du Gouvernement, Jean-Emmanuel Rimtalba Ouédraogo, a été marquée par le discours du Chef d’État-Major général des Armées (CEMGA), le Général de division Moussa Diallo.

Dans son intervention, le Général Moussa Diallo a présenté l’ouverture de cette école comme une étape importante dans la construction d’une pensée stratégique nationale. Selon lui, cette initiative vise à doter le Burkina Faso d’un cadre endogène de formation de haut niveau destiné à préparer l’élite militaire nationale aux exigences des réalités sécuritaires contemporaines. Pour le CEMGA, la souveraineté ne se limite pas au contrôle du territoire. Elle doit également être institutionnelle, intellectuelle, doctrinale, scientifique, technologique et militaire. Dans cette perspective, il estime qu’une nation qui ambitionne d’assurer durablement sa sécurité doit être en mesure de penser elle-même sa défense, d’analyser son environnement stratégique et de concevoir des réponses adaptées à ses propres réalités.

IMG_20260918_090044_634
Le présidium 

Le Général de division Moussa Diallo a également insisté sur l’évolution de la guerre contemporaine. Celle-ci, a-t-il relevé, ne se limite plus à une ligne de front clairement identifiable. Elle se déploie également dans les espaces informationnels, numériques, économiques et cognitifs, tout en mobilisant différentes capacités militaires. Cette complexité impose, selon lui, une articulation plus étroite entre les dimensions militaire, diplomatique, politique, économique et sociale de la puissance nationale. Dans ce contexte, le CEMGA appelle à tirer les enseignements des expériences vécues sur le terrain afin de construire un modèle adapté aux réalités du Burkina Faso. « Nous devons anticiper, agir, nous adapter », a-t-il déclaré, en insistant sur la nécessité pour les Forces armées nationales de développer leurs propres capacités d’analyse et de réflexion stratégique.

IMG_20260918_092229_092
Chef d’État-Major général des Armées (CEMGA), le Général de division Moussa Diallo


L’École de Guerre est ainsi appelée à être à la fois un espace de formation et de réflexion, d’enseignement et de confrontation des idées. Le Général Moussa Diallo souhaite également qu’elle permette une rencontre entre l’expérience opérationnelle et la recherche, les enseignements tirés du terrain devant alimenter la réflexion stratégique. La formation annoncée se veut par ailleurs holistique et ouverte à l’intersectoriel ainsi qu’à la coopération. Elle doit permettre aux futurs brevetés de mieux appréhender les enjeux du monde contemporain, aussi bien sur les plans stratégique et opérationnel que dans le domaine des sciences politiques. Le CEMGA a notamment évoqué une collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation pour la délivrance d’un Master. S’adressant aux instructeurs et enseignants, le Chef d’État-Major général des Armées a souligné que la formation des cadres supérieurs de la défense ne doit pas se limiter à l’apprentissage du commandement des troupes. Elle doit surtout développer leur capacité à prendre de la hauteur, à analyser l’environnement global d’une opération militaire et à comprendre les interactions entre la puissance militaire et les autres composantes de la sécurité nationale. Il les a donc invités à apprendre aux auditeurs à questionner, analyser, comparer et argumenter, mais également à remettre en cause leurs certitudes, à distinguer l’information de la connaissance et la conviction de la démonstration. Le retour d’expérience devra occuper une place importante dans cette démarche. Les succès devront être étudiés et enseignés, tandis que les difficultés devront être analysées afin d’en tirer des enseignements utiles à la progression collective.

IMG_20260918_090117_656
Les participants 


Aux auditeurs de cette première promotion, le Général Moussa Diallo a rappelé la responsabilité particulière qui leur incombe. Premiers à franchir les portes de l’École de Guerre, ils sont appelés à participer à la construction d’une institution destinée à jouer un rôle dans l’avenir des Forces armées nationales. Au-delà de l’acquisition de connaissances, l’école devra contribuer à leur transformation intellectuelle et professionnelle. Les futurs cadres devront notamment être capables de comprendre, anticiper, concevoir, planifier, décider et conduire l’action. Le CEMGA leur a également rappelé que l’incertitude ne doit pas constituer une justification à l’inaction et que le commandement supérieur exige à la fois réflexion, discernement, courage, sens du devoir et capacité de décision.

IMG_20260918_094341_879
Premier ministre, chef du Gouvernement, Jean-Emmanuel Rimtalba Ouédraogo


Cette première promotion est ainsi appelée à jouer un rôle particulier dans l’émergence d’une pensée militaire burkinabè. Celle-ci devra être ancrée dans l’histoire et les traditions nationales, nourrie par l’expérience locale du combat et ouverte aux transformations de la guerre contemporaine. Le Général de division Moussa Diallo a, par ailleurs, dit compter sur l’accompagnement du Gouvernement pour faire de l’École de Guerre, et plus largement de l’Institut de l’Enseignement Militaire Supérieur Tiéfo Amoro, une référence continentale. Il a invité les acteurs du monde militaire et universitaire à accompagner cette nouvelle institution.

IMG_20260918_094142_854
La photo de famille 


« Aujourd’hui, nous ne faisons pas que lancer une promotion. Nous posons les fondations d’une capacité nationale à penser la paix et conduire la guerre », a-t-il déclaré. À l’issue de son discours, le Chef d’État-Major général des Armées a officiellement déclaré ouverte la première session de l’École de Guerre de l’Institut de l’Enseignement Militaire Supérieur Tiéfo Amoro, formulant le vœu qu’elle devienne une école de rigueur et de commandement, de réflexion et de production intellectuelle, ainsi que « le creuset de la pensée militaire et stratégique souveraine du Burkina Faso ».

Webactu Burkina


Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

Votre expérience sur ce site sera améliorée si vous autorisez les cookies. Cookie Policy