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Burkina : Ibrahim Traoré aux opérateurs privés : « Si quelqu’un pense qu’il se sent écrasé, c’est qu’il dînait avec les politiciens »

28-09-2026  DA Constantin  13 vues
Burkina : Ibrahim Traoré aux opérateurs privés : « Si quelqu’un pense qu’il se sent écrasé, c’est qu’il dînait avec les politiciens »

Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a défendu, lors de son entretien télévisé de 90 minutes avec la presse, une vision économique fondée sur un secteur privé productif, la transformation locale et un rôle accru de l’État dans les secteurs stratégiques. Face aux critiques d’acteurs économiques qui estiment être marginalisés, le chef de l’État a rejeté l’idée d’une politique hostile au secteur privé.

« Si quelqu’un du secteur privé pense qu’il se sent écrasé, c’est qu’il dînait avec les politiciens. C’est tout. Et nous, nous n’allons jamais permettre cela », a déclaré le capitaine Ibrahim Traoré. Pour le président du Faso, l’enjeu n’est pas de réduire la place du secteur privé, mais de rompre avec un ancien modèle économique reposant, selon lui, sur la proximité avec le pouvoir politique, l’importation et l’abandon de certains secteurs essentiels.

« Pas de champagne pour certains, de l’eau potable pour tout le monde »

Le chef de l’État affirme vouloir réorienter les priorités économiques vers la satisfaction des besoins essentiels de la population. « Nous avons dit qu’il n’y a pas de champagne pour certains, on veut de l’eau potable pour tout le monde. Il faut que les gens comprennent ça et changent de logiciel. Celui qui ne veut pas changer sera toujours confronté à l’État », a-t-il soutenu. Une orientation qui, dans son propos, place l’intérêt collectif au-dessus des privilèges et des pratiques économiques liées à la proximité avec les responsables politiques.

De l’importation à la production locale

Ibrahim Traoré a également appelé les opérateurs économiques à changer de modèle, en privilégiant la production nationale et la conquête des marchés extérieurs plutôt que l’importation. Prenant l’exemple de l’industrie TEXFORCES Burkina Faso, il a invité les commerçants qui importaient notamment des pagnes à s’approvisionner auprès des unités industrielles nationales.

« Il est temps maintenant d’aller vers notre usine, demander à produire le motif que tu veux, chercher des marchés à l’extérieur pour l’exporter maintenant, mais de ne plus aller importer, parce que tu vas venir tuer notre économie », a-t-il lancé. Pour le président du Faso, le secteur privé doit ainsi jouer un rôle moteur dans l’industrialisation et la transformation de l’économie burkinabè.

La transformation locale comme priorité

Le chef de l’État a par ailleurs relevé les progrès enregistrés dans certains domaines de la transformation agroalimentaire. Il a notamment cité la multiplication des moulins et la production locale de couscous à base de maïs. « Avant, on importait tout notre couscous, alors qu’on produit du maïs », a-t-il regretté, plaidant pour une meilleure valorisation des productions nationales.

« L’État doit exploiter ses matières premières »

Dans les secteurs jugés stratégiques, notamment les industries extractives, Ibrahim Traoré assume en revanche une intervention plus importante de l’État. « L’État doit exploiter ses matières premières. C’est le rôle de l’État », a-t-il insisté.

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